ALCOOL, HUISSIERS: LA DESCENTE AUX ENFERS DE CET EX-JOUEUR DE LIGUE 1

Sébastien Dallet n’a même pas 18 ans lorsque Marseille, Monaco et Auxerre, trois des plus gros clubs de l’Hexagone, se disputent ses faveurs, séduits par ses bonnes performances en D2 avec Orléans. Pourtant, bluffé par l’ambiance de Bollaert et les gens du Nord, le natif de Bourges choisit finalement Lens. Le coup d’envoi d’une carrière professionnelle qui dura 14 années et le fit passer par Guingamp, Sochaux, Créteil et Troyes après des débuts contrastés avec les Sang et Or et marqués par une confrontation avec la Lazio Rome en Coupe de l’UEFA.

Sa carrière s’arrêta brutalement à 32 ans avec la descente de Troyes en Ligue 2 après une année cauchemardesque entre des blessures en série et la grave maladie de son épouse. Sebastien Dallet se lança alors dans le football insolé mais sa société fit faillite tandis que son épouse le quittait. « En un claquement de doigts, tu te retrouves divorcé, tu perds ta boîte et tu n’as plus d’argent. Tu fais face à tes difficultés financières. Je ne suis pas le premier, pas le dernier. Aujourd’hui, c’est simple : il y a trois huissiers à qui je dois rendre des comptes tous les mois. Je n’ai pas un rond de côté, plus rien », a-t-il raconté à So Foot, précisant: « C’est plus facile d’en parler maintenant car, aujourd’hui, j’ai rebondi. J’ai retrouvé un boulot. »

Tu reprends la picole, les pétards

La galère aura duré quatre ans. « Ça fait deux ans que j’ai rencontré une nouvelle femme. Elle m’apporte beaucoup de soutien, d’écoute, d’échanges… Il fallait juste que je trouve un boulot. Je travaille dans la logistique, je m’occupe d’un entrepôt, on y stocke des marchandises. On m’a proposé ce boulot en me disant : "C’est peut-être pas un super boulot, désolé…". J’ai répondu : " Je suis au chômage, il faut bien que je gagne de l’argent !" Avec les huissiers, tous les jours, c’est le bordel. C’est ingérable », a-t-il expliqué , avant d’ajouter: « Les huissiers m’ont pris ma voiture, donc maintenant, j’ai un vélo. Ils ne vont pas me prendre mon vélo, quand même… J’ai le nombre de meubles qu’il faut pour qu’ils n’aient pas le droit d’y toucher. Ils valent cinq balles pièce. Une table, un canapé, une télé, deux chaises et un lit. »

« Aujourd’hui, si ma copine n’existait pas, j’arrêterais de vivre le 15 du mois. Je meurs pendant quinze jours et puis je reviens, à chaque début de mois , a-t-il encore soufflé, se félicitant de sa plus belle victoire: il a vaincu ses addictions qui l’avaient fait plonger: «  C’est comme si tu étais encerclé. Alors tu fais ce qu’il ne faut pas faire : reprendre les addictions. Tu reprends la picole, les pétards… Ça te permet de t’endormir. Tout simplement. » Mais Sébastien Dallet n’a pas attendu ses problèmes pour boire. Alors qu’il évoluait à Créteil, il a de son propre aveu bien profité de la vie. « T’as de l’argent, donc tu t’éclates. J’étais presque tous les soirs dehors… Demande à Marco Verratti, il te dira comment c’est, Paris, la nuit ! (Rires.) À l’époque, partout où je sortais, il y avait Ronaldinho. Partout. J’avais ma clé pour accéder au VIP du Barrio Latino. J’allais au Queen, aux Bains Douches, La Cantine du Faubourg… J’en garde de bons souvenirs, car cette période a été très courte, sinon j’aurais arrêté le foot beaucoup plus tôt », a-t-il encore confié.

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