Le transfert de Malick Fofana à Sunderland a fait bondir Rothen s'enflamme. Mardi, l'ailier de l'OL s'est engagé avec le club anglais après plusieurs rebondissements en partie liés aux commissions promises à ses représentants de Roc Nation et notamment de son oncle. Alors que Crystal Palace avait surenchéri sur l'offre des Blacks Cats avec une meilleure indemnité de transfert et une prime plus juteuse pour ses conseillers, Sunderland a finalement remporté la mise tard dans la soirée. La perspective d'évoluer dans le club londonien sous les ordres de Pierre Sage, qui l'a entraîné à Lyon et qui s'est entretenu avec lui, n'a pas suffi à convaincre l'international belge. L'offre de Sunderland était pourtant moins intéressante pour l'OL, mais davantage pour son plus proche conseiller qui aurait touché 500.000 euros dans l'affaire.
"On n'est pas au bout de nos surprises", a lancé Jérôme Rothen. "On sait que tous ces gens qui gravitent autour des joueurs de football ne sont là que pour une chose: récupérer un tas d'argent. Il y a très peu d'agents ou de conseiller qui vont dans le sens du joueur. La priorité devrait être le sportif, c’est-à-dire là où tu te sentirais mieux pour passer un cap. Je veux bien que Fofana progresse en passant de la Ligue 1 à la Premier League mais quand tu vois les deux clubs, tu te dis qu'il y a peut-être en avance par rapport à l'autre d'autant qu'il connaît l'entraîneur (Crystal Palace). En plus de ça, la famille est au milieu."
L'ancien milieu gauche du PSG attribue une part de responsabilité à Fofana dans ce choix qu'il semble pourtant avoir subi. "C'est quand même le joueur qui signe le contrat, ce ne sont pas les agents ou l'oncle. C'est le joueur qui signe et qui valide. Ça veut dire qu'il est tombé dans la marmite aussi", ajoute-t-il. Il s'en prend aussi à l'oncle. "L'oncle qui demande 500.000 euros de commission, j'ai envie de lui dire: 'c'est toi qui va te lever en plein hiver à Sunderland?"
Présent dans l'émission, Christophe Dugarry, champion du monde 1998 avec l'équipe de France, a aussi affiché son dégoût sur les pratiques actuelles du football. "Il manque peut-être un peu de caractère, de connaissance, il n'a pas été capable de taper du poing sur la table", tempère l'ancien Bordelais. "Il y a le poids de la famille et c'est un garçon réservé qui a peut-être subi un peu les événements. Mais l'attitude déplorable est évidemment de la famille. C'est scandaleux et inimaginable. Le premier échange que tu dois avoir avec ton joueur c'est: où as-tu envie d'aller? C'est le souhait du joueur qui compte par-dessus tout."
"Duga" n'est toutefois pas surpris de cette pratique dans un sport secoué, cet été, par les intentions très mercantiles de son président, Gianni Infantino, qui voulait vendre des parts de la Coupe du monde. "Est-ce que ça peut porter un peu plus préjudice au football que le préjudice qu'on a vu à la dernière Coupe du monde avec l'attitude du chef du football? Quand Infantino est prêt à vendre le football au plus offrant, comment veux-tu qu'un membre de la famille n'aille pas demander 500.000 euros à un club qui est prêt à lui donner. Le football d'aujourd'hui est, par certaines facettes, à vomir même si je ne vais pas dire que ça n'a jamais existé."
2026-09-03T04:31:21Z