Après les critiques de Fabio Quartararo et sa volonté affichée de ne plus aider Yamaha, qu'il quittera dans trois mois, le constructeur réplique en rappelant son pilote à l'ordre sur son comportement.
La séparation à venir entre Fabio Quartararo et Yamaha n'a sans doute jamais semblé aussi longue et pesante que depuis le week-end d'Aragón. Outre une contre-performance notable du Français, les tensions entre les deux parties ont été exposées sur la place publique, écornant un peu plus le lien restant entre le pilote et le constructeur auquel il est associé depuis huit ans.
À lire aussi :
GP d'Aragon : critiqué malgré deux tops 5, Jorge Martin remet les choses au clair
Se plaignant en début de week-end de jouer les pilotes d'essais avec des pièces dont il déplore le faible apport, Quartararo n'a rien caché du manque de motivation qui le touche. Il a surtout souligné dans des propos relayés par Motorsport.com ne pas souhaiter aider Yamaha dans la préparation de sa moto de 2027, invoquant des raisons personnelles qu'il a fini par éclaircir : le constructeur refuserait de le laisser rouler avec les pneus Pirelli lors des tests prévus en Autriche, une situation qu'il juge en partie responsable de son manque d'envie de développer la moto pour les pilotes de la saison prochaine.
Après sa dernière place en course le dimanche, il a insisté sur la difficulté du week-end, n'en ayant tiré selon lui rien de positif, tout en annonçant vouloir cesser de tester en permanence de nouvelles configurations sur un seul week-end. Alors qu'il reste encore neuf Grands Prix à disputer, si le calendrier demeure complet malgré l'incertitude pesant sur le Grand Prix du Qatar, l'amertume affichée interroge sur les conditions dans lesquelles le Français parviendra à conclure ce chapitre majeur de sa carrière. Ces difficultés raniment également un différend jamais vraiment digéré autour du choix du moteur V4, activé par Yamaha dès 2026 contre l'avis du pilote, qui aurait préféré conserver le quatre en ligne, un choix qu'il reconnaît avoir eu du mal à accepter.
Quelle qu'ait pu être la gestion interne de ce différend, un cap semble aujourd'hui franchi dans la relation entre le pilote et son constructeur. Le manque de motivation affiché par Quartararo à Alcañiz n'est visiblement pas apprécié en interne. Paolo Pavesio, directeur exécutif de Yamaha Motor Racing, pointe un manque d'objectivité chez le Français, relevant une forme de contradiction entre ses reproches sur l'absence d'évolutions et ses critiques une fois que de nouvelles pièces lui sont proposées. Il reconnaît que le niveau actuel n'est pas celui espéré, tout en assurant que le constructeur, comme ses rivaux, continue de progresser.
Concernant le test prévu dans une quinzaine de jours au Red Bull Ring pour développer les futurs pneus, Massimo Meregalli rappelle que Yamaha n'a pas traité Quartararo différemment des autres pilotes sur le départ. Il précise que ce sont Toprak Razgatlioglu et très probablement Álex Guevara qui participeront à cet essai en Autriche, ces derniers faisant partie du projet Yamaha pour la saison prochaine. Il souligne que l'ensemble des constructeurs concernés par des départs de pilotes ont adopté la même logique, citant les exemples de Jorge Martín et Ai Ogura, qui n'essaieront pas l'Aprilia, de Pecco Bagnaia, écarté des essais Ducati, ou encore de Pedro Acosta, qui n'essaiera pas la KTM.
Meregalli enfonce le clou en invitant Quartararo à s'inspirer de son coéquipier Jack Miller, qu'il présente comme un exemple de constance et de bonne humeur, y compris dans les périodes difficiles.