Malgré son avance au championnat, Toto Wolff redoute pour Mercedes un scénario à la McLaren, échaudé par la remontée de Max Verstappen en 2025. À l'approche de Monza, où Antonelli partira du fond de grille, le patron autrichien appelle à la prudence face à un Lando Norris relancé.
Un championnat n'est jamais vraiment plié tant que les points ne sont pas définitivement comptés. Toto Wolff en a fait l'amère expérience en observant, la saison dernière, Max Verstappen effacer un déficit vertigineux de 104 unités sur Oscar Piastri pour finalement s'emparer du titre. Une remontée fulgurante qui a marqué les esprits dans le paddock, et que le dirigeant autrichien n'exclut plus de voir se reproduire, cette fois contre son propre écurie.
La situation actuelle a en effet de quoi susciter la prudence. Kimi Antonelli occupe la tête du classement pilotes avec 59 points d'avance sur George Russell et Lewis Hamilton, et 83 sur Lando Norris. Un matelas confortable sur le papier, mais Wolff sait que les dynamiques de course peuvent basculer vite, surtout lorsque l'écart de performance entre les monoplaces se resserre. Norris vient justement d'enchaîner deux victoires consécutives, un signal que Wolff ne prend pas à la légère.
Le cœur du problème, selon le team principal de Mercedes, tient au rythme de développement. Après le Grand Prix des Pays-Bas, Wolff a reconnu dans des propos relayés par Nextgen-auto que son équipe ne parvenait pas à suivre le rythme imposé par Ferrari et McLaren, qui ont multiplié les évolutions ces dernières semaines. L'écart avec Norris n'est d'ailleurs pas la seule source de préoccupation : Mercedes doit également composer avec un déficit similaire face à Lewis Hamilton, désormais chez Ferrari, ce qui complique encore la gestion de la fin de saison. Le prochain lot d'évolutions n'est pas attendu avant au moins trois courses, une échéance que Wolff juge lui-même délicate à tenir sereinement.
Lando Norris, de son côté, ne cache pas les parallèles entre sa propre trajectoire de l'an passé et celle de Mercedes aujourd'hui. Le pilote McLaren estime que la leçon à retenir est simple : continuer à croire à la remontée tant que mathématiquement elle reste possible, une philosophie qu'il compte appliquer jusqu'au bout de la saison.
Pour Mercedes, l'enchaînement Monza-Madrid s'annonce comme une période charnière. Wolff estime que le plateau s'est suffisamment resserré pour que plusieurs écuries puissent prétendre à la victoire à la régulière, ce qui rend chaque faux pas potentiellement plus coûteux qu'auparavant. L'équipe aborde ces deux rendez-vous en position de force au championnat, mais sans la moindre certitude sur la difficulté du chemin qui reste à parcourir.
Le week-end italien commence d'ailleurs mal pour Kimi Antonelli, contraint de s'élancer du fond de grille après une pénalité liée au changement de groupe motopropulseur. Une décision frustrante pour le jeune pilote italien, qui espérait pouvoir se battre aux avant-postes lors de sa course à domicile, mais Wolff assume ce choix stratégique : dans la course au titre, certains sacrifices à court terme sont parfois nécessaires pour préserver l'essentiel sur la durée. Selon les calculs internes de l'écurie, Monza reste malgré tout le circuit le plus favorable pour purger cette pénalité et limiter la casse au classement.
De l'autre côté du garage, George Russell aborde le week-end avec un vent plus favorable après un bon résultat à Zandvoort, et cherchera à s'installer rapidement dans le groupe de tête. Reste que le tracé italien impose ses propres contraintes techniques : peu gourmand en énergie sur un tour complet, il laisse peu de fenêtres pour recharger la batterie, ce qui oblige les ingénieurs à des arbitrages fins sous la réglementation actuelle. De quoi promettre, selon Wolff lui-même, un week-end aussi exigeant que spectaculaire, où Mercedes n'aura pas droit à l'erreur face à des rivaux visiblement remontés à bloc.